Il y a 5 ans Alan White sortait de l’ombre pour rejoindre le plus groupe le plus grand et le plus controversé de toute la Grande-Bretagne. Aujourd’hui Oasis est encore énorme et fait toujours la une des journaux, mais Alan a changé. Beaucoup. Timide puis expérimenté, il constitue un point de calme au milieu de la tempête des turbulents frères Gallagher.
Prenant les habitudes des rock stars à contre-pied, Alan White est arrivé à l’heure au Bolton’s Reebok Stadium et il répète tranquillement dans l’enceinte vide quand l’équipe de Rhytm le rejoint sur scène pour lui dire bonjour. En dehors du stade la fête est déjà commencée par des hordes de fans d’Oasis, bronzant au soleil en attendant l’ouverture des portes pour le concert. Arrivant à la fin d’une tournée qui les a envoyés au Japon, en Europe et aux Etats-Unis, Oasis joue en Grande-Bretagne pour la 1ère fois depuis 1997. Aux départs conjugués de Bonehead et Guigsy a succédé le dramatique abandon de Noel qui a quitté la tournée en mai dernier, ce qui a entraîné une nouvelle frénésie de la part de journaux spéculant sur l’avenir du groupe et sur les éternelles tensions entre les frères Gallagher. Avec Noel de retour pour les concerts britanniques, tout le monde se contente de regarder et d’attendre la suite des aventures d’un des plus grands groupes de rock du monde.
Malgré la pression Alan est calme et optimiste et nous dit être ravi de faire la couverture de Rhytm pour la seconde fois. Cela nous ramène en 1996 quand nous avons entendu pour la 1ère fois la façon dont il a intégré Oasis. A l’époque beaucoup pensaient a tort qu’il n’avait été engagé que parce que son frère Steve White était le batteur de Paul Weller, héros de Noel Gallagher. En réalité Noel a entendu Alan répéter en studio et a mené sa petite enquête pour connaître l’identité de ce batteur qui l’avait tant impressionné. Quelques jours plus tard Alan recevait un message de sa mère : « Un homme nommé Noel Gally-quelque chose a appelé pour toi ».

Rhytm : Après une année très turbulente, comment te sens-tu pour jouer en Grande-Bretagne ?
Alan : C’est fantastique, et pour moi c’est une énergie différente quand je joue à la maison. On se donne un peu plus je pense. On était sur la route depuis février et ces concerts sont un vrai bol d’air pour nous, surtout après tout ce qui est arrivé.

Rhytm : En tant que groupe, vous avez donné autant de travail à la presse musicale et aux tabloïds, non ?
Alan (grimaçant) : Oui, la merde est toujours là.


Rythm : Revenons aux départs de Bonehead et de Guigsy…
Alan : Dès la fin de l’enregistrement de Standing On The Shoulder Of Giant, Noel Liam et moi avons commence a cherché quelqu’un pour les remplacer. Nous n’étions pas inquiets parce qu’on savait que des milliers de guitaristes et de bassistes aimeraient intégrer Oasis.

Rhytm : Comment Gem Archer et Andy Bell ont-ils été choisis ?
Alan : Noel connaissait Gem et nous connaissions tous Andy car j’avais travaillé avec sa femme Idha auparavant. Et quand nous avons commencer à jouer tous les 5 tout est allé vraiment vite. On était dans la même musique, très à l’aide.

Rhytm : Avec une telle tournée, Andy et Gem ont connu un baptême de feu, ce qui n’était pas ton cas quand tu as remplacé Tony McCaroll il y a 5 ans.
Alan : Ils devaient plonger dans le groupe, comme je l’ai fait, et ils ont fait du bon boulot. C’est plutôt cool de ne plus être le « petit nouveau ».

Rythm : Comment se passe la section rythmique entre toi et Andy ?
Alan : Pour moi c’est excellent. Je ne veux pas critiquer Guigsy qui est un grand bassiste, mais je me sens plus libre maintenant. On s’accorde parfaitement et Gem est un guitariste très solide, je suis très content.

Rhytm : Vu la façon dont tu parles des nouvelles recrues, la tournée se passait bien avant que Noel vous abandonne en mai.
Alan : Ca a été surprenant car tout allait bien, les concerts étaient fantastiques et nous ne pouvions pas aller mieux. Et tout à coup il y a eu une dispute, et Noel a pris l’avion pour rentrer. Liam et moi avons alors décidé de continuer la tournée avec un nouveau guitariste. Je connaissais Matt Deighton, qui avait joué pour Paul Weller et Mother Earth ; le jour suivant il nous rejoignait et la tournée a repris à Milan.

Rhytm : Aussi simple que ca ? Tu parles du depart de Noel comme d’un incident mineur…
Alan : Oui, parce que c’est la meilleure attitude a adopter en tournée. Des milliers de gens ont acheté des billets pour voir Oasis, et il n’y a aucune raison de tout annuler simplement a cause de l’absence de Noel.


Rhytm : Après les départs de Bonehead et Guigsy cela n’a quand meme pas du etre facile de voir Noel s’éloigner.
Alan : C’était étrange. Tout à coup Liam et moi étions les 2 seuls membres « d’origine ». Mais les choses bougent et meme sans Noel nous avons donné des concerts brilliants. Le problème est qu’il écrit toutes les putains de chansons, donc nous avons besoin qu’il revienne !

Rhytm : Comme promis Noel est de retour pour les concerts britanniques, quelle est l’ambiance dans le groupe à présent ?
Alan : En ce moment tout va bien. Nous nous sentons désormais plus comme un groupe que comme les interprètes des chansons de Noel.


Rhytm : Après le succès phénoménal de WTS(MG) et les concerts incroyables de Loch Lomond et Knebworth, Oasis semble avoir souffert d’un mauvais retour de flame de la part des medias.
Alan : Pour nous ces concerts étaient fantastiques, historiques. Et maintenant la presse nous tourne autour comme des vautours en affirmant qu’on est foutus. Mais pourquoi referions-nous ces concerts ? La nuit dernière on a joué devant 35.000 personne à Bolton, à Dublin ils étaient 44.000 et la semaine prochaine on jouera 2 soirs de suite à Wembley. Alors on est peut-être pas si mauvais, pas vrai ?


Rhytm : Néanmoins les commentaires négatifs de la presse doivent être très frustrants.
Alan : Ca m’horripile car pour eux tout est négatif. Ils trouvent SOTSOG merdique, mais il y a 5 personnes dans ce groupe qui l’ont fait et qui le trouvent bon. Si les gens ne l’aiment pas qu’ils aillent se faire foutre, c’est notre album et nous l’aimons. La plupart ne s’intéressent même pas à la musique, la seule chose qui les intéresse, c’est ce que Liam prend au petit déjeuner et espionner sa vie privée, ce qui n’est pas correct.

Rhytm : Qui apprécie-tu le plus dans le groupe ?

Alan : Je suis avec Liam et nous sommes très proches, c’est presque comme un mariage, vraiment.

Rhytm : Les loops de SOTSOG m’ont beaucoup surpris.
Alan : Noel a voulu essayé quelque chose de différend et ca ne sonne pas trop mais je ne sais pas si c’est une chose que nous referons. Je ne me suis pas investi autant que j’aurai voulu dans cet album, mais le prochain sera différend ; tout le groupe y participera activement. Il sera probablement plus dans le style de Morning Glory.

Rhytm : Petit retour en arrière, quels sont vos titres préférés de WTS(MG) ?
Alan : L’album entier est exceptionnel mais j’ai 2 chansons fétiches : Wonderwall, que j’adore jouer, et Don’t Look Back In Anger simplement parce que c’est une chanson magnifique et que je suis heureux d’y etre. Jouer ces chasons à la batterie est quelque chose dont je serai fier toute ma vie. J’aurai aimé jouer Some Might Say, mais Tony l’a fait à ma place et Noel n’a pas voulu la réenregistrer.

Rhytm : Comment ressent-tu les percussions de SOTSOG ?
Alan : Je voulais un bon son de batterie et je pense que j’y suis arrivé, particulièrement sur Sunday Morning Call, il y a un vrai son live que j’aime beaucoup. I Can See A Liar a des vibrations fraiches et punks à la Sex Pistols et pour Little James Liam voulait aboslument une ambiance Beatles. J’essaye toujours de faire ressortir la batterie pour qu’on puisse entendre autre chose qu’un mur de gui
tares, mais c’est évident qu’il faudra que je fasse un album solo pour régler ca à ma convenance.

Rhytm : C’est un projet sérieux ?
Alan : Absolument. Des la fin de la tournée j’essaierai de nouvelles expériences en matière de batterie. Je ne sais pas à quoi cela ressemblera. Meme si je pense qu’on a utilisé trop de loops sur cet album, j’ai envie de tenter quelque chose, d’essayer des vieux trucs ou du jazz. Je parlais à Zak Starkey hier, il appartient à The Healers (le groupe fondé par Johnny Marr) et il pense que quand on est dans un groupe on a tendance à tomber dans la routine à force de jouer tous les soirs.

Rhytm : Qu’écoutes-tu avant un concert ?
Alan : Tony Williams, que j’écoute depuis longtemps, John Scofield et Sun Sea que Matt Deighton m’a fait découvrir. Je pense qu’il est toujours bon d’etre exposé à de nouvelles influences.

Rhytm : Quelles sont tes plus fortes influences en matière de batterie ?
Alan : Sans aucun doute mon frère Steve. Il m’a tout appris et, aussi loin que je suis concerné c’est le meilleur, son jeu a une grande personnalité. Il y a aussi Keith Moon, Ringo, Clyde Stubblefield, Tony Williams et Jack de Johnette. Neil Primrose de Travis est très agréable à voir jouer. Zak Starkey est un excellent batteur, tout comme Taylor Hawkins.

Rhytm : Comment s’est passé ton apprentissage ?
Alan : C’est venu très naturellement, vraiment. Steve s’en est rendu compte et m’a encouragé à poursuivre. Il me faisait travailler à la maison, après les cours que je suivais.

Rhytm : Et tu as ensuite été l’élève de Bob Armstrong, qui avait formé ton frère.
Alan : Oui, à partir de 15 ans. J’y allais tous les jours après l’école et j’essayais de jouer des vieux trucs dont j’étais capable, The Police, James Brown, Prince, Martha And The Vandellas…

Rhytm : Ta première batterie ?
Alan : Je l’ai eu a 17 ans, par Steve qui me l’a vendue 5000 frs. C’était une Marine Pearl blanche et j’ai du economiser longtemps pour l’avoir.

Rhytm : En tant que batteur et frère, quels sont les conseils que Steve t’a donnés ?
Alan : Etre moi-même, ne pas prendre de conneries, avoir ma propre opinion, travailler dur, boire une bière mais de pas me droguer, rester concentré sur le boulot. Et j’ai réussi à faire tout ca. Dans ce milieu il est facile de dérailler, c’est rock’n’roll. Mais ca n’est pas pour moi. Steve est un de mes meilleurs amis, et nous sommes unis par l’amour fraternel, tout comme avec mon autre frère Paul.

Rhtym : Que pensais-tu d’Oasis avant de les rejoindre ?
Alan : L’histoire est vraie (il rit). Je les avais vus en concert et ils étaient exceptionnels, mais je n’aimais pas le batteur. 3 semaines après j’étais dans le groupe. Ma bonne étoile veillait sur moi.


Précisions sur la batterie d’Alan :

I’m playing Drum Workshop, beautifully made drums that sound great. For this tour I’m using my new custom kit in Blue Boa finish, which is stunning. There’s a 22″x18″ bass drum, two shallow rack toms, 12″x8″ and 13″x8″, that I can really get on top of when I play, and a 16″x16″ floor tom. My snare is a Craviotto 14″x6″, which packs a real punch. On the cymbal front I’m using Sabian, which really cut through and sound fantastic. From left to right I’ve got 14″ HH hi-hats, 16″ crash, my own 22″ Signature ride, an 18″ crash and 14″ AA regular hi-hats. All my hardware is Drum Workshop as well, and my sticks are Vic Firth. Set-up wise there is nothing unusual, I have my toms quite low on the bass drum, and my ride is angled quite acutely, but that’s about it. Dodge (famed uber-drum tech) looks after my drums for me and he’s a top man. Everything is always spot on when I sit down to play.