Les fans d’Oasis ne sont pas (tous) des crétins, comme le prouve notre cher Biwan, qui, en lisant Le Monde, est tombé sur cet article:

Oasis vénère les Beatles depuis toujours. George Harrison, lui, disait détester le groupe de Manchester ; Paul McCartney s’est lié d’amitié avec Noel Gallagher, coleader, avec son frère Liam, des stars de la Britpop ; John Lennon, bien sûr, ne les a pas connus mais Ringo Starr leur a légué son batteur de fils, Zak Starkey.

Le 23 mai, à Paris, sur la scène de l’Olympia, où Oasis donnait un concert pour le lancement de son nouvel album, Don’t Believe the Truth, Zak ne jouait pas sur une batterie beaucoup plus imposante que celle pratiquée par son père au temps des “Fab Four”. Le rock des frères Gallagher a toujours réclamé de la sobriété à sa rythmique. Il s’agit surtout pour l’homme aux baguettes de se concentrer sur une frappe lourde et métronomique, accentuant l’implacable arrogance des guitares et du chant. Zak Starkey s’en acquitte avec poigne.

Mais il sait aussi assouplir son toucher et varier ses coups sur certains morceaux plus délicats du nouvel album. S’il a participé à l’enregistrement de dix de ces onze nouveaux titres, le fils de Ringo n’est pas pour autant intégré au groupe. Sans doute parce que Zak Starkey est par ailleurs un instrumentiste demandé. En quelques années, il s’est taillé une sacrée cote auprès d’artistes comme Johnny Marr, ancien guitariste des Smiths, ou sur une tournée des Who avec lesquels il fit sensation.

Dans sa chemise blanche satinée, avec sa coupe et sa fine bouille de zazou rock, le batteur a plus de sex-appeal que n’en avait son paternel derrière Paul, John et George. Jouer avec Oasis, c’est aussi suivre Noel et Liam Gallagher dans leur parcours de fans et leur inspiration d’admirateurs. Plagier T. Rex dans Cigarettes and Alcohol (mais après tout Ringo Starr n’avait-il pas réalisé un film, Born to Boogie, sur ce groupe phare du glam-rock britannique ?), les La’s (un groupe de Liverpool) dans le nouveau Part of the Queue ou singer le Velvet Underground et Moe Tucker (on a vu plus compliqué) dans The Importance of Being Idle.

En rappel, Oasis donne à son batteur intérimaire l’occasion d’exprimer la mesure de son talent, en reprenant fidèlement le sauvage My Generation des Who. En 1965, le cogneur Keith Moon y faisait une démonstration de force. Pour l’avoir déjà remplacé, Zak Starkey se retrouvait en terrain familier.