2000 fut l’année de tous les dangers pour Oasis. Les frères Gallagher l’ont passée à se frayer un chemin sous une pluie d’obstacles. Annulations, divorces, splits, et accueil mitigé de leur dernier album Standing On The Shoulder Of Giants se sont bousculés au portillon du groupe mancunien. Familiar To Millions, un album live enregistré au mythique Wembley Stadium, conclut en beauté cette fin de siècle riche en événements. Noel Gallagher en personne revient sur l’enregistrement de ce concert et nous informe sur l’avenir d’Oasis.


Rock Mag : Cet album live est-il une épitaphe ?
Noel : Pas vraiment. La vraie raison pour laquelle nous n’avons pas fait d’albums live avant, comme à Knebworth, c’est parce que le groupe sonnait comme de la merde. C’est aussi simple que ça. Maintenant on a Gem et Andy dans le groupe et on est probablement en des meilleurs groupes live de la planète.

RM : A quoi pensiez-vous dans les loges avant d’entrer sur scène ? Il y avait quand même 80000 personnes présentes ce soir-là.
Noel : Oui, 70/80000. Lorsqu’on est dans les loges à attendre le concert, et tout le monde dans le groupe te le confirmera, les 15 dernières minutes ont l’air de durer 2 heures. Ensuite, tu te retrouves au bord de la scène en train d’attendre que la bande pré-enregistrée démarre. Là, ce n’est plus de la tension mais de l’excitation et puis tu attaques la première note et le groupe rentre derrière et tout se met en place. C’est mieux que tout. Je ne peux pas te le résumer en une seule phrase. C’est mieux que la drogue en tout cas. J’aimerais dire que c’est
mieux que le sexe mais je suis tellement une bête au lit…

RM : Ne sois pas si modeste…
Noel : (rires) C’est mieux que le sexe.

RM : Quelle chanson aimes-tu jouer le plus sur scène ?
Noel : (Un temps de réflexion) Probablement Acquiesce. Je ne sais pas si c’est la meilleure chanson d’Oasis. Je chante la moitié et Liam chante l’autre et il n’y a pas de solo de guitare sur celle-là. Il y a plein de petites parties différentes. Elle est courte, il y a une fin super et une bonne intro et en plus tu peux te prendre pour Jimmy Page en la jouant.

RM : Et des titres comme Supersonic et ShakerMaker, vous prenez toujours plaisir à les jouer ?
Noel : On a remis ShakerMaker dans la set-list pour cette tournée. Supersonic, ShakerMaker, Live Forever, Cigarettes And Alcohol… Je n’arrive pas à penser à un autre groupe ayant réussi à aligner ses singles dès le départ. Peut-être les Sex Pistols. C’est ce qui nous a amené là où on est aujourd’hui.

RM : Celles qui t’ennuient le plus sur scène ?
Noel : Roll With It, Wonderwall, Stand By Me commencent à me courir… La seule raison pour laquelle on a joué Stand By Me, c’est parce qu’en répétitions, Andy s’est rendu compte qu’on ne la jouait pas. Il a fait : “Quoi ? On ne joue pas Stand By Me ?” Je lui ai répondu non et après il a continué : “On ne joue pas non plus All Around The World qui était numérp 1 ?” Je lui ai répondu non. Liam est comme ça aussi, pour lui on devrait jouer tous ces morceaux. Je n’aime pas non plus jouer Wonderwall. Elle est toujours trop lente ou trop rapide.

RM : Vous devez souvent en entendre des vertes et des pas mûres sur scène ?
Noel : Oui, mais en général ça vient de Liam. Ceux qui étaient là à Wembley le deuxième soir savent de quoi je parle. Une fois à Newcastle, un type m’a mis un oeil au beurre noir. Sinon, il y a toujours un abruti pour réclamer une chanson de Blur !

RM : Que penses-tu du nouveau single de Blur ?
Noel : J’irais sûrement acheter leur best-of parce que c’est un très bon groupe à single. Des trucs comme Country House et des plus anciennes comme Bang ou There’s No Other Way étaient tout simplement à chier. A partir de Beetlebum ça devient plus intéressant.

RM : On dit que tu serais devenu un peu casanier ces derniers temps et que tu te serais considérablement assagi. Qu’en est-il ?
Noel : Je n’ai jamais été dingue. On ne m’a jamais vu attaquer les touristes d’Oxford street une lance à la main. A une époque j’ai pris beaucoup de drogues, mais on ne m’a jamais vu en train de jouer de la guitare debout sur une table comme Liam l’a fait et est sûrement en train de le faire pour le petit James à l’heure où je te parle. Mentalement je me suis assagi et j’ai décidé de faire le ménage dans ma vie. Tout ce truc de traîner avec des célébrités, de se la raconter, c’est de la connerie.

RM: Tu vis à Londres désormais ?
Noel : Oui, malheureusement. Mais je ne peux pas vivre dans un hôtel pour le restant de mes jours. J’envisage de m’installer à Brighton prochainement. J’ai toujours eu envie de vivre près de la mer. Le problème de Londres, c’est qu’on est tenté de sortir tous les soirs. Je n’ai rien avalé de solide depuis 6 semaines, du genre je démarre avec un Bloody Mary à 10h du matin.

RM : Peux-tu nous parler du prochain album d’Oasis ?
Noel : Il y aura bel et bien un nouvel album d’Oasis? Gem et Andy sont de si bons musiciens, c’est comme si le groupe n’avait jamais sonné aussi bien. C’est génial d’entendre une deuxième guitare derrière la mienne. Je ne joue pas de la guitare comme lui. J’ai réfléchi et je me suis dit que ce serait un crime de ne pas enregistrer un disque avec ce line-up. On est actuellement dans le processus d’écriture. Chacun écrit des chansons dans son coin, je ne sais pas combien de temps ça va prendre. Je ne sais pas non plus qui va décider de qui fonctionne et de ce qui ne fonctionne pas une fois en studio. En général, ce sont mes chansons qui passent et c’est tout. Ce sera la première fois que ça ne se déroulera pas comme ça. On verra bien ce que ça donnera.