Huit ans déjà . ET c’est comme si c’ était hier . Une bande de losers , des “lads” de Manchester , fait irruption sur le devant de la scène rock anglaise avec un premier album d’ une classe folle . “Definitely maybe” fait passer en quelques semaines les frères Gallagher de l’ anonymat des clubs pouilleux à l’ aristocratie du rock . Normal : des hymnes comme “Rock’n roll star” , “Supersonic” ou “Live forever” ne pouvaient être l’ oeuvre que d’ un grand compositeur . Et les déclarations tapageuses , la dégaine de petite frappe et la voix de gorge poignante du chanteur ne pouvaient être le fait que d’ un autentique fouteur de merde , “a natural” , une star comme le rock en manquait alors cruellement . Dès le premier single , il était évident que ce groupe-là était fait pour durer . Pour marquer son époque . 4 disques plus tard , Oasis est toujours là . IL y eu des hauts ( “What’s the story?” ) , il y eu des bas ( “Be here now” ) mais l’ essentiel a été préservé : les frangins se parlent encore . Aucun coup de feu n’ a été échangé . La dope et les millions de livres n’ ont pas réussi à tuer le groupe . Les femmes non plus . Et encore moins la paternité , qui a semble t-il ( à en croire les interviews ) recadré les Gallagher vers ce qu’ils savent faire de mieux : des chansons . A cet égard , et à l’ image du précédent opus , le sous-estimé “Standing on the shoulder of giants” , le Oasis nouveau est un bon disque de rock . Mais la surprise n’est pas là . La nouveauté , c’est qu ‘ Oasis est désormais un groupe . Un quartet authentique , un ” jet à 4 réacteurs” comme dit Noel . Ainsi ” Heathen Chemistry” est-il le fruit de la voix de plus en plus impressionnante de Liam , des compositions de Noel ( le tubesque ” Stop crying your heart out” ) mais aussi de l’ as de la six-cordes Gem Archer ( auteur d’ un séduisant et très rock’n roll “Hung in a bad place” ) , et du raffiné bassiste Andy Bell , compositeur ! de feu Ride ( qui signe ici avec ” A quick peep” son premier morceau made in Oasis ) . Avec ce line up compact comme une équipe de rugby , Oasis a gagné en puissance et en talent individuel . Et si quelques titres viennent ternir le tableau comme ” All in the mind” ou ” Little by Little” ( vivement le jour où Noel Gallagher s’ abstiendra de chanter ) , Oasis confirme son retour en forme . Une bonne nouvelle pour le rock en général . Oui , il y a une vie pour les groupes qui continuent à jouer , avec une passion évidente , la musique des Beatles , Stones et Pistols ( 36 millions de disques au compteur des Gallagher ) . Enfin , ce bon disque d’ Oasis est une bénédiction pour la presse rock . Et pour ceux qui ne peuvent se contenter des rockers à texte qui pleurent leur mère sur des accords mineurs . Car qui , à part Liam Gallagher , peut encore revendiquer le titre de rock star aujourd’hui ? En ces temps de globalisation par lke fric et de consensus mou , la “fuck off attitude” souvent tordante de Liam le songwriter ( magnifique “Songbird” en plage 5 , peut être le plus beau titre du disque ) nous manquera salement le jour où il ne sera plus là . D’ ici là , THom Yorke aura peut être compris le sens du mot “entertainment” . Longue vie aux lads en Gucci-Prada .

David A ( critique chez Rock’n Folk )