L’homme à la plus belle moue du rock porte toujours ses lunettes rondes mais il s’est assagi(!). Marié à Patsy Kensit et papa du petit Lennon, Liam Gallagher ne rêve plus que d’être un bon père et le meilleur chanteur du monde!

XL: Après Be here now, Standing on the Shoulder of Giants est l’album de la renaissance?

Liam: Pour ce nouvel album, nous n’étions plus sur la brèche. Et en bien meilleur état aussi. Moins d’alcool, moins de fiesta… Tout ça nous a permis de mieux écouter notre travail et d’avoir les idées claires. Pour Be here now, c’était la pression permanente. Il fallait toujours courir entre chez soi, la voiture et le studio avec des mecs qui nous suivaient partout. En studio, il faut être relax, se détendre. Là, c’était le cas et je crois que ça s’entend. La vie était plus facile. On était en France…

XL: Cet album est influencé par la France?

Liam: Il sent le sud, les grands espaces, une forme de sérénité. Les chansons du précédent étaient bonnes mais elles reflétaient le stress. Avec cet album, c’est une nouvelle période qui commence, même s’il y aura peut-être un jour un autre album de fucking rock’n’roll d’Oasis.

XL: Une nouvelle période avec deux nouveaux musiciens pour remplacer Bonehead et Guigsy…

Liam: Ils sont cool et il faut reconnaître que ce sont de meilleurs musiciens. Pour les départs, je n’ai pas bien compris. Tout le monde donnait le meilleur de lui-même pendant l’enregistrement et Bonehead a décidé de rentrer chez lui. Il nous a dit qu’il revenait puis il nous a appelés pour dire qu’il quittait le groupe, qu’il voulait rester avec sa famille. Son départ me fait mal parce que ça veut dire qu’il n’aime plus le groupe.

XL: Et toi, tu n’as jamais eu cette tentation de rester en famille?

Liam: Non, ma famille vient avec moi. Ma femme sait ce que le groupe représente pour moi. Et si je ne faisais pas ça, je serais triste à la maison, comme un pauvre bâtard. Parce que je ne sait rien faire d’autre. Le groupe me paie la belle vie et les cadeaux pour ma famille.

XL: Tu es revenu au meilleur niveau de ton chant sur cet album. Tu as beaucoup travaillé?

Liam: Non. Je suis revenu au meilleur niveau parce que j’ai arrêté les conneries. Là je n’ai pas enregistré un morceau entre deux lignes avec une bière à la main à 4 heures du mat’. C’est bon pour la voix.

XL: A part ta voix, ça a changé quoi sur l’album le fait que tu arrêtes la drogue et l’alcool?

Liam: Je suis plus attentif. Quand je suis raide, que j’aie tort ou raison, Noel ne m’écoute pas, il me dit de la fermer, que je suis défoncé. Alors que si je suis clair, il m’écoute un peu.

XL: Où est ta patte sur cette album?

Liam: Ce n’est pas parce que j’ai arrêté la défonce que Noel a arrêté de tout contrôler. Mais le fait de me sentir plus respecté m’a aussi permis de mieux chanter. Le seul morceau où l’on voit vraiment ma touche, c’est “Little James” que j’ai écrit.

XL: C’est ton premier morceau pour Oasis?

Liam: En fait, j’ai déjà écrit une dizaine de morceau, mais c’est quand j’ai arrêté de boire que j’ai écrit le meilleur. Quand tu es sobre, tu sais ce que tu veux dire et si Noel trouve la chanson bonne, ça me donne confiance en moi. Mais ma plus grande fierté reste avant tout d’être un bon chanteur.

XL: Tu es considéré comme le meilleur chanteur des 90’s. Tu es d’accord?

Liam: C’est sympa. Mais ça dépend ce que tu entends par chanter. Je suis le meilleur chanteur rock, ça oui.

XL: Tu apprécies d’autres chanteurs de la scène actuelle?

Liam: Richard Ashcroft de The Verve, le gars de Travis et celui de Stereophonics aussi. Mais je n’ai rien à apprendre d’eux selement de John Lennon et de Johnny Rotten éventuellement.

XL: Ca ressemble à quoi une journée en musique chez toi?

Liam: Ca commence par “Imagine” de John Lennon le matin. A midi, je me passe un Neil Young ou alors un vieux Bee-Gees. Mais si je dois sortir, c’est plutôt un Sex Pistols. En début de soirée, si je reçois des amis, je choisis un truc cool comme “All The Thing’s Most Past” de George Harrisson. En fin de soirée, je mettrais un chanteur frnçais sexy, genre Gainsbourg. Et ne me demande pas ce que je mettrais pour faire l’amour. Je n’écoute pas de musique dans ces moments-là. C’est un truc de Français, moi je suis anglais, on fait pas ça chez nous. Ou alors ce serait “Anarchy in the UK” des Pistols.

XL: Si tu devais sauver quelque chose dans chacune des pièces de ta maison…

Liam: Dans la cuisine, je prendrais mon piano; dans le salon les diques des Beatles et d’Oasis, les cassettes vidéo de Scarface et des Parrain et le rockin’chair de John Lennon. Dans la chambre, je prendrais la boîte où j’ai rangé les partitions originales de John Lennon que mon frère m’a offertes por Noël.

XL: Beaucoup de kids rêvent de devenir Liam. Penses-tu à ce mythe de star que tu entretiens?

Liam: C’est cool, mais je n’y pense pas, je fais mon truc. Je ne penses qu’à une chose: vivre ma vie. Et ça n’a rien d’extraordinaire. Je suis juste un membre d’un groupe de rock, je m’éclate et c’est bien. Si tu veux parler de responsabilité, de jeunes qui ont pris de la drogue parce qu’ils avaient lu que j’en prenais, c’est de la connerie. John Lennon prenait de l’héroïne, je suis son plus grand fan et je n’en ai jamais pris. Et les fans d’Elvis ne se bourrent pas d’amphétamines. Et puis je n’ai jamais incité les gens à quoi que ce soit. Si j’avais eu un problème à l’époque, je n’aurais accusé personne. Je suis responsable de moi-même et les autres devraient faire pareil.

XL: Maintenant tu es responsable de ton fils aussi.

Liam: Ouais, ça change la vie et la façon de la voir. Jusqu’à ce qu’il naisse, j’étais l’homme le plus important de mon monde. Ce n’est plus le cas. Je me suis laissé aller sans souci, à faire n’importe quoi et je suis content de l’avoir fait. Mais le plus important, c’est que je n’en ai plus envie. Je veux être là pour mon fils, être un bon père, pas un père défoncé. Et ça se ressent aussi au niveau artistique. John Lennon n’aurait jamais écrit “Imagine”, célibataire à 20 ans…

XL: Alors Standing on the Shoulder of Giants, c’est la fin des rebelles?

Liam: Non, pourquoi? Ce disque est différent de ce que les gens font en ce moment. Mais ça reste du rock’n roll. Il y a certain nombre de morceaux où l’on est plus durs que jamais, justement parce qu’on le dit plus calmement, et dire “fuck off” calmement, c’est encore plus fort…