Le nouvel album d’Oasis, Heathen Chemistry, sorti en juillet dernier, est encensé par les critiques. Ils étaient de passage à Paris pour un concert unique au Zenith le 17 septembre. Nous avons profité de l’occasion pour rencontrer Noel Gallagher, le leader du groupe.

– Pourquoi avoir débuté votre tournée mondiale par Lyon en juin dernier ? Un rapport avec toutes vos annulations par le passé ?

– Honnetement, je n’en sais rien…C’est notre manager qui nous a dit “Vous commencez ici” et voila. La dernière annulation, c’est juste parce que j’ai eu une bagarre avec Liam. Il y a bien eu cette grève des routiers en 1997, mais ce n’était pas notre faute.

– Les critiques sont unanimes à propos de votre dernier album : Oasis est de retour au sommet. Alors comment expliquer que les ventes hors Royaume-Uni ne soient pas aussi bonnes que vos précédentes productions ?

– Elles sont aussi bonnes ! On doit être à près de 2 millions depuis juillet dernier ! L’époque où Oasis vend 7, 10 ou 15 millions d’albums par an est révolue. Tu sais dans le rock, de nos jours, plus personne ne vend de disques. Je te met au défi de me citer juste un groupe. Tu vas me dire U2, ok. Mais ils ne pourront plus vendre autant d’albums que notre Morning Glory (album britannique le plus vendu de l’histoire : 18 millions d’exemplaires).

– Quelles étaient vos attentes quant à l’arrivée de Gem Archer et Andy Bell ?

– Je connaissais Gem depuis un bon bout de temps. Il est super sympa, il possède un réel don pour la guitare et a toujours voulu faire partie du groupe. Pour Andy je ne le connaissais pas du tout mais il a plus répondu à mes attentes que je ne pouvais imaginer. C’est le meilleur bassiste que je connaisse, son jeu de basse sur My Generation des Who est bluffant.

– Cette nouvelle osmose dans le groupe est palpable sur scène. Comment conciliez-vous vos égos et vos fortes personnalités au final ?

– Quels égo ? (sourire) C’est tout simple : il n’y a que 2 gros caractériels dans ce groupe, Liam et moi. On est frères, on fait avec car on ne peut pas faire autrement. C’est un paquet de règles non écrites, des lignes de conduite qu’on franchit sans cesse, on dit des conneries qu’on ne devrait pas dire et on se bat. C’est tout !

– Dans votre dernier album vous n’avez composé “que” 6 chansons. Etes-vous tentés d’écrire de moins en moins, ressentez-vous un blocage avec l’écriture ?

– Je ne pense pas avoir de blocage. (Il lève les mains au ciel). Je ne crois pas en Dieu, mais la ce n’est pas moi qui décide de ce genre de choses. Je crois au destin. Ca fait des mois et des mois, peut-etre une année, que je n’ai rien écrit. Et ne rien écrire pendant 2 mois ne me fout pas les boules. Je m’en tape.

– Tu donnes l’impression d’être un mec cool et reposé, et Liam l’image d’un hooligan. Je me trompe ?

– Je pense plutot que c’est le contraire ! (Clin d’oeil). Je n’en sais rien, ce n’est pas à moi de dire si les gens m’aiment ou pas, mais quand on entre dans une pièce tout le monde se dit “Ouais, ils vont tout casser !” Lia a un problème : il sait qu’il est Liam Gallagher. Tu vois ce que je veux dire ? Je ne fais jamais référence à moi-même à la 3ème personne. Je suis spécial parce que j’écris des chansons que le public aime bien. En dehors de ca je ne fais que porter le nom que ma mère m’a donné, et cela jusqu’à ce que je meure. C’est tout !

– Peux-tu nous parler de ta relation enstudio avec ton frère ?

– Je ne peux pas vraiment faire de comparaison car je n’ai jamais travaillé en studio avec un autre chanteur.

– Vous avez grandi dans la bulle musicale de Manchester. Pourquoi n’avez-vous pas été influencés par tous ces groupes new-wave de l’époque (Joy Division, New Order…) et la vague électro ?

– Il y avait un truc à Manchester, ça s’appelait les Stone Roses. Voila tout. On a tout de suite accroché et de toute façon on n’aime que les groupes de rock à guitares, l’électro…

– Pourtant vous avez collaboré avec les Chemical Brothers et Goldie !

– Ah bon ? (Long doute) Ouais, enfin, je ne fais que chanter dessus c’est ca ? (Autre hésitation) Ah oui c’est vrai, merde, j’ai écrit deux fois pour eux…(Rires) J’aime bien les Chemical parce que c’est des potes, mais pour ce qui est de leur musique je n’adhère pas plus que ça. Quant à Goldie c’est un ami donc…

– Vous entendez parler à longueur de journée de l’influence des Beatles sur vos compositions. Vous en pensez quoi ?

– J’adore prendre ma guitare et jouer des chansons des Beatles. L’influence, elle vient de la. Mais c’est trop simplifier. On a quoi, 3 ou 4 chansons qui sonnent Beatles, pas le reste : All Around the World, Whatever, The Masterplan peut etre…La il y a Born On A Different Cloud, mais elle n’est pas de moi.

– Quel est le groupe que tu aimes le plus en ce moment ?

– L’album que j’écoute le plus depuis le début de l’année, c’est The Last Broadcast des Doves, sinon le dernier Coldplay.

– On vous a vus à la Fnac hier soir, vous avez acheté quoi ?

– (Rire) Ah putain, tu m’as vu ? Ouais c’est vrai j’ai acheté des disques. Un album de DJ’s Shadow, le premier de Suede…The 13th floor Elavators, The Greatest Hits, un Velvet Underground, Rock’n’roll, et le reste je m’en souviens pas.

– Cet album est supposé être l’un des derniers que vous devez livrer à Sony. Allez-vous prolonger votre contrat ou changer de compagnie ?

– Je ne sais pas du tout comment ça se passera à la fin de notre deal. Pour l’instant on respecte mon contrat, et ensuite on verra bien. Je pense qu’on a encore 2 ans devant nous ,après c’est l’industrie du disque qui décidera de signer à nouveau, ou pas, un groupe de rock…Mais j’ai énormément de respect pour les gars de chez Sony, je les aime bien.

– En dehors du groupe, quel sera ton futur proche ?

– Je voudrais faire un album solo. Mais pour l’instant je n’ai pas de plan, je ne vais pas en faire un, j’ai envie d’en faire un. je pense qu’ensuite je me sentirai mieux, envers moi-meme déja. J’ai des tonnes de composition dans des cartons que je ne peux pas utiliser avec oasis, c’est très personnel et Liam ne serait pas capable de convaincre, de transmettre la bonne émotion. Ah oui, j’ai aussi acheté un album des Portishead.


Romain Bernard