Grand merci à Zeus !!!


Comment se porte Oasis ?
Bien. On va tous dans la même direction pour une fois ! Et nous sommes ravis de repartir en tournée pour jouer l’album.

Vous dites à tous ceux qui vous rencontrent que vous vous êtes calmés; les tournées ont pourtant toujours été connues pour être un terrain de tentation…
Bien sûr il y a des tentations, mais ce sont des trucs qu’on a déjà fait. Je vais sans doute profiter de la route pour écrire. Je n’aime pas faire la fête, ça m’ennuie. Il n’y a rien de plus abrutissant que de boire jusqu’à six heures du matin et de sentir comme une loque le lendemain. J’ai déjà donné… Je n’ai pas envie de recommencer. Il y aura probablement quelques soirs où on va s’éclater un peu. Quelques-uns seulement…

Quelle était l’ambiance en studio ?
Bonne ! Il y a eu quelques engueulades mais uniquement à propos de musique. C’est plutôt sain.

Liam et Gem ont composé plusieurs titres. Etait-ce difficile d’accepter que d’autres puissent écrire pour Oasis ?
Non, j’ai toujours pensé que d’autres personnes devaient apporter leur contribution au groupe. J’en avais marre d’être le seul à écrire.

As-tu une préférence sur Heathen Chemistry ?
Je sais que ça fait un peu cliché, mais j’aime toutes les chansons. Je suis incapable d’en choisir une !

Même pas She’s Love, qui est sans doute la plus personnelle ?
Non ! Je pense sincèrement que c’est un putain de bon album. She Is Love se distingue du reste parce que c’est un titre qui a été écrit très rapidement et qu’on a gardé à l’état de démo, enfin presque !

Que penses-tu des chansons de Liam ?
J’adore Songbird ! Que dire de Liam ? Il m’a épaté. J’ai été très surpris qu’il puisse écrire tout seul un tel titre.

Vous semblez mieux vous entendre aujourd’hui…
On ne se bat plus autant qu’avant. Et nos engueulades concernent uniquement la musique. C’est beaucoup plus sain.

Vous avez traversé les mêmes épreuves : un enfant et un divorce… Ca ne vous a pas rapproché ?
Non. On ne parle pas de ces choses là. Quand nous nous voyons, c’est pour le groupe.

Be Here Now n’était pas un bon album, mais personne, à part Paul Weller, n’a eu le courage de vous le dire. Qu’a-t-il pensé de Heathen Chemistry ?
Il l’adore ! Il pense que c’est notre meilleur disque.

Oasis a fêté ses dix ans en 2001. Quel est l’âge d’or du groupe ?
Aujourd’hui. Je suis beaucoup plus mûr. J’ai un faible pour nos débuts également. Bien avant la signature : on n’avait pas de manager, pas de maison de disques. On était un groupe. Point. Mais je n’ai aucune envie de revenir en arrière.

Et votre pire moment ?
A l’époque de Be Here Now. Trop de drogues et de gens qui nous flattaient et nous racontaient des conneries.

As-tu l’impression d’avoir été un cliché rock’n’roll ?
Non parce que je ne suis pas encore mort ! Et aussi parce que je n’ai jamais eu les cheveux longs, mis de pantalons en cuir, eu recours à la chirurgie esthétique, fait une overdose, participé à des réunions des narcotiques et alcooliques anonymes, conduit une moto, porté des santiags, vécu aux States… Donc non, je ne me considère pas comme un cliché. On a connu quelques épisodes à la Spinal Tap, comme se perdre back stage dans un stade japonais, mais c’est à peu près tout. Quand on est dans un groupe de rock, c’est très facile de se convaincre qu’on est un Dieu vivant. Quand tu prends trop de drogues, tu imagines être quelqu’un d’extraordinaire, alors que tu n’es qu’un mec normal qui a un job incroyable.

Comment réagis-tu à ton statut de star ?
Mal… Je ne m’y habitue absolument pas. Ca me rend malade de voir ma vie étalée dans les quotidiens bon marché. Et plus je vieillis et moins je m’y fais. Je ne vois pas pourquoi je devrais être considéré comme une célébrité. Ma copine n’est pas connue, je ne vais pas aux premières et je ne fréquente pas de célébrités. Alors pourquoi ?

Comment va Liam ?
Bien. Il se trouve actuellement (l’interview a lieu le 8 juin) en France pour le mariage de Natalie Appleton et Liam Howlett, dont il est le témoin. Il est probablement saoul en ce moment même. En fait, il y a deux Liam. Le sobre, qui est un type charmant et très drôle. Et il y a Liam bourré, qui est insupportable, j’en sais quelque chose. Sobre, il est l’un de mes meilleurs amis. Ivre, c’est probablement mon pire ennemi. Je n’ai jamais été un grand buveur. Liam peut boire deux jours en continu. J’en suis incapable. C’est pour ça que je prenais des drogues : pour me maintenir éveillé.

Tu te considères comme un bouffon autant qu’un génie…
C’est tout à fait exact. Je pense que certaines de mes chansons sont des putains de classiques : Live Forever, Cigarettes & Alcohol, Don’t Look Back In Anger, Cast No Shadow, The Masterplan, Talk Tonight, Champagne Supernova, Go Let It Out, Where Did It All Go Wrong, Gas Panic. Et bien sûr, j’ai écrit des merdes comme Roll With It, mais je préfère ne pas en parler.

Et aujourd’hui entre ces deux extrêmes, qui gagne ?
Auourd’hui je me sens fatigué et triste. Mais ce ne sont pas tes oignons.

Qu’écoutes-tu en ce moment ?
Doves. The Last Broadcast est époustouflant. Et aussi Black Rebel Motorcycle Club et Coldplay. Tout simplement fantastiques