A quelques heures d’un concert forcément controversé à Bercy, Noel Gallagher, tête composante d’Oasis, accorde son unique entretien à un journal français, Rock&Folk. Les questions ne manquent pas. Le guitariste répond à tout, sans esquive ni faux-fuyant. Clair, net, précis, chaleureux. A l’image du nouveau Oasis ?

Ventes (de disques et de billets) pas faramineuses, divorce, installation de Radiohead sur le trône de rois de la musqiue pour jeunes… autant de sujets qui, en toute logique quand on connait son (présumé sale) caractère, ont de quoi agacer Noel Gallagher. Eh bien non : ceux (dont le nombre n’a pas diminué, lui) que l’arrogance des Oasis exaspérait, exaspère et exaspérera, fâcheux ou rigolards guettant l’aigreur, l’amertume, voire la crise de doute, ont tout faux. C’est un jeune adulte décontracté qui nous a reçus dans sa loge. Le groupe terminait à peine sa balance, sur un “Go Let It Out” qui déjà laissait espérer un grand soir…
La raison de cette décontraction ? Elle est d’une simplicité, comment dire, toute rock and rollienne. Il faut savoir qu’en 2001, Mr Gallagher est le chef d’orchestre, le capitaine de l’équipe, le leader of the pack (de 6), bref, se tient aux manettes de la plus belle formation peut-être que son gang ait connu. Et cela s’est vérifié sur le seul terrain valable : une scène. La scène. Alors… maggie du rock, syndrome du retour de flamme, appelons ça comme on veut, reste qu’il a suffi d’un rendez-vous réussi, d’une belle nuit d’amour, bref, d’une série de coups de reins bien placés pour que les pendules (celles de “Be Here Now”?) soient remises à l’heure, pour que la Terre (celle de “Definitely Maybe”?) se remette à tourner. Avec “Go Let It Out” déballé devant une assemblée acquise (enfin surtout les premiers rangs, serrés et en majorité britons), décidée à vivre le truc, ici et maintenant. Les choses démarrent comme il faut : collant, lourd, sensuel, le morceau prend une dimension de petit classique pas forcément appréhendée à l’écoute, même répétée, de “Standing…”. Quant à la suite… du bonheur, rien que du bonheur. La faute d’abord à un track-listing profil bas judicieux. L’impasse est faite sur la quasi-totalité des hits (pas de “Supersonic” ni de “Wonderwall”, encore moins de “D’You Know What I Mean?” au triomphalismedéplacé devant cette audience passablement clairsemée). Ensuite, il y a cette section rythmique monstrueuse. Repêché chez Heavy Stereo, Gem le guitariste fait mieux qu’assurer la succession de Bonehead, que personne n’aura l’idée de regretter. Le clavier est présent juste quand il faut. Andy Bell, l’ex-guitariste de Ride, a donc été bombardé bassiste pour un résultat bandifiant au possible. Ses doubles-croches en bas de manche, décochées synchrone avec les descentes de fûts de Steve White (fidèle batteur de Paul Weller et ce soir-là remplaçant de son frère Alan), donnent un groove imparable aux versions par ailleurs pluq heavy que jamais de “Fade In/Out” et de “Live Forever”, confirmant que, s’il était à peine né, Gallagher sait que les gens remuaient les fesses sur “Whole Lotta Love”. Ce qui finit par faire l’audience de plus en plus conquise de Bercy. De plus en plus béate, de plus en plus béante, voire bêlante lorsque Liam l’invite à se coller aux choeurs de “Don’t Look Back In Anger” (“… I heard you say-yyy”), “Champagne Supernova” (“…in the sky-yyy) ou, comble de la communion -tout le POPB s’y colla- à ceux d’un “I Am The Walrus” (“…coucou, queue d’chou”) impeccable et pas revisité, pas modernisé pour deux sous. Et surtout, il y a, outre Noel lui-même (dont on manque de place pour vanter une nouvelle fois les qualités), cette voix, cette organe de Liam. Qui chante bien, et même mieux que bien. Bref, un régal pour les fans. Cerise sur le gâteau : alors que le son était globalement moins pourrave que d’habitude à Bercy, il s’est trouvé des gens dans l’assistance (et pas les plus âgés) pour trouver qu’Oasis avait joué “trop fort”. If it’s too loud… dit le proverbe… Voilà qui réconfortera les trentenaires ayant eu le bon goût de venir et de prendre leur pied.
Too old, il ne l’est pas non plus, Noel. Même si, à 34 ans, c’est donc l’image d’une superstar reposée qu’il veut renvoyer. Calmé par la paternité (une petite Anais est née il y a 1 an), revenu des excès – s’il se voulait déjà au-dessus de tout soupçon il y a deux ans, le Noel 2001 lave carrément plus blanc que blanc…- on ne parviendra pas à lui faire dévoiler quelque nouvel objectif parano-mégalo qu’à lui arracher une vrai vacherie- ou alors entre les lignes (“Daft Punk ? Super… mais c’est pour les gonzesses non? … Radiohead ? J’aime bien “Amnesiac”, un grand disque de prog-rock… Quoi, eux, jouer du rock’n’roll, vous plaisantez !” font partie des phrases non prononcées durant l’entretien). D’une politesse reposante, il invite à s’asseoir avant de se caler dans un fauteuil trop profond qui accentue sa dégaine de lutin renfrogné. Le regard est malin, la tignasse (qu’il remet en place tous les vingt secondes) inchangée, l’accent à couper au couteau, et les réponses, précises. Soucieux de lui consacrer toute son attention, Noel n’acceptera que l’entretien soit interrompu que lorsque Neil Young (dont le tee-shirt orné d’une photo d’Indien, porte l’inscription “my brothers always killed cow-boys”) viendra drapeau blanc en avant, le féliciter pour la qualité de “Standing…”. De quoi tout pardonner à Gallagher, ses sandalettes en cuir (un modèle easy dans les orteils à l’air qui ferait passer Faudel pour un goth en grand apparat, bref, un vrai tue-l’amour pour la moins exigeante des groupies), comme ses intempestives références à U2 -on sait que grand-papy était irlandais mais tout de même, deux fois en deux interviews accordées au magazine, c’est, comment dire, c’est trop, voilà- seules véritables fausses notes d’une visite parsienne irréprochable.

Rock&Folk : Qui est dans Oasis aujourd’hui ?
Noel : Bonne question (il sourit, ébouriffe ses cheveux, se sert un verre d’eau, accepte une clope). Bien… Moi, Liam, Andy Bell à la basse, Gem à la guitare rythmique et Alan White à la batterie, sommes désormais les membres d’Oasis.

R&F : Le prochain album, c’est pour quand ?
Noel : Un single sortira en octobre. L’album, en février 2002.

R&F : A quoi doit-on s’attendre ?
Noel : Il se situe à la croisée des chemins de “Definitely Maybe” et de “Standing On The Shoulder Of Giants”, mes deux favoris.

R&F : Qui produit ?
Noel : Le groupe. Nous avons tout assuré nous-mêmes. Et pour la première fois, tout le monde ou presque signe un titre. Liam en a composé un (“Born On A Different Cloud”), Gem un autre, et Andy également. Lui en avait une tripotée en réserve, mais un seul figurera sur l’album.

R&F : L’année dernière, y a-t-il eu un moment où vous aviez dissous le groupe, sans que personne n’ait été mis au courant ?
Noel : Oui. A un moment, je les ai plantés en pleine tournée tellement ça allait mal entre Liam et moi. Là, j’ai effectivement considéré le groupe comme dissous… pour un court instant. Dans le fond, Oasis n’a jamais été réellement en danger de split. En tournée, on vit ensemble sans arrêt, et Liam et moi, dans ces conditions, avons vite fait de nous foutre sur la gueule. C’est grave lorsque cela nous empêche de donner au public de nos concerts le meilleur de nous-mêmes… Mais tout cela appartient au passé. Aujourd’hui, tout va bien. La preuve, on vient de tourner aux Etats-Unis cinq semaines durant avec les Black Crowes, et tout s’est déroulé à merveille.

R&F : Lors de la sortie du live, on a beaucoup entendu lire : “c’est le dernier album d’Oasis”…
Noel : On a peut-être dit ça parce qu’il s’agissait d’un album truffés de grand succès, qui pouvait évoquer ces “Greatest Hits” qui ponctuent une fin de contrat. C’est tout. Nous avons encore quelques albums devant nous (il passe les doigts dans ses cheveux, avant de les ébouriffer).

R&F : Comp
tabilisez-vous les concerts annulés en France ?
Noel (rires) : On en est à cinq. Et nous sommes profondément désolés. Sérieux.

R&F : A qui la faute ?
Noel : Je ne m’en prends qu’à moi. Enfin (il renifle)… Les deux premiers avaient été annulés pour cause de conflits avec les routiers français. Un autre parce que nous jugions les conditions de sécurité (expliquant avec des gestes), la solidité des barrières précisément, insuffisantes. Quant aux deux autres… Liam et moi nous étions encore engueulés. Une nouvelle fois : je présente mes excuses au public français. Il semble que ce genre de chose se produise à chaque fois chez vous. Mais n’y voyez aucune préméditation.

R&F : Vous partagez l’affiche avec Neil Young. C’est un artiste qui a compté pour vous, une idole de jeunesse ?
Noel (acquiesce à donf) : Quelqu’un d’important, c’est clair. Mais une idole de jeunesse, non. Pas au même titre que les Beatles, les Stones, les Sex Pistols ou les Jam. C’est en vieillissant que j’ai commencé à apprécier sa musique. Neil Young est une inspiration en tant qu’auteur-compositeur, parce qu’il chante en jouant et que son travail est essentiellement basé sur la guitare. Il me fascine, il est la dernière légende vivante des années 60 (insistant, tout en ébouriffant ses cheveux). Il est le seul. Tous les autres sont devenus des merdes. Ou ils ont purement et simplement dégagé, ou ne produisent plus que de la merde. Il suffit de prendre Paul McCartney, ou les autres Beatles… ou (moue écoeurée) les Rolling Stones. Vous voyez ? Mais Neil continue d’écrire de bonnes chansons, de publier de bons albums. Il est incontournable. Pour moi, il est même plus important que JImi Hendrix. Hendrix était un alien, il veniat d’une autre planète. Neil Young est un véritable être humain. Il parvient presque à me faire pleurer.

R&F : Les ordinateurs font désormais la loi. La plupart des gens ne veulent plus entendre de guitares…
Noel : ça revient doucement, je crois. 2000 a été une année catastrophique en musique. On a touché le fond. Je ne me souviens pas d’un bon album sorti en 2000 (il cherche). D’un bon album de guitare, je veux dire (il cherche, bute sur les mots). Il y a eu quelques bonnes choses, le Primal Scream, le Coldplay… Le business de la musique est devenu un très sale système, où il est désormais difficile de (il s’interrompt, redonne du volume à ses cheveux)… Nous sortions d’une période particulièrement bonne, que je situerais de 1994 à 1998. Mais depuis la fin des 90’s, il semble que seuls importent les charts et l’argent. “Faire un tube”. Tout le monde veut devenir millionnaire, plus personne ne songe à écrire des chansons. Mais je pressens un nouveau changement positif pour l’année à venir. Bien que j’aie appris à me méfier de mes prédictions…

R&F :Vous êtes le dernier groupe en date à avoir joué le jeu single/ album/ tournée/ scandales/ excès… Un groupe comme Radiohead a récemment montré que l’on pouvait réussir à très grande échelle, tout en évitant un certain nombre de clichés liés au mode de vie rock and roll. Que cela vous inspire-t-il ? Etes-vous intéressé par son approche ? Jaloux, peut-être… ?
Noel : Intéressé, oui. D’une certaine façon, nous avons été victimes de notre propre succès. Nous sommes vraiment devenus très célèbres très vite. Et la célébrité peut être un putain de fardeau. On cesse d’être soi-même pour devenir la personne qu’on voit dans les journaux. J’envie les Radiohead pour s’être visiblement préservés de ça. Mais je n’envie pas leur vision des choses. Je ne pourrais pas travailler comme eux. “Amnesiac” est un très bon disque -certains qualifient leur musique de prog rock, lui reprochent d’être un peu prise de tête mais bon, chacun son truc…- mais en ce qui me concerne, je me refuse à expérimenter en studio. Je n’en ai pas la patience, je n’aime pas cela, tout simplement. J’aime que mes compos soient directes, faciles d’accès. Je suis un songwriter anglais traditionnel, dans la veine des Beatles, des Small Faces, des Kinks, des Jam, des Stones Roses… Je n’ai aucun intérêt pour l’exploration (détachant ses mots) de nouveaux territoires sonors pour le rock and roll. Simplement pas mon taf.

R&F : Vous aviez pourtant un peu expérimenté sur “Standing On The Shoulder Og Giants”…
Noel : Oui, avec “Fuckin’ In The Bushes”, “Go Let It Out” et un peu sur “Who Feels Love”… mais c’est dingue le temps qu’on a passé sur cet album. A cause de ça justement, des boucles de batterie, etc. Et je n’ai pas pris mon pied. Moi, je m’éclate à faire des choses rapidement. Une prise. Elle sonne (il claque dans ses doigts) ? Je la garde, et je passe à autre chose. Je crois bien que je ne me suis jamais autant éclaté en studio que sur l’album que nous préparons. Parce que personne ne nous dicte quoi que ce soit. La plupart des morceaux sont mis en boîte en une prise, deux tout au plus, et on avance. ça va très vite et c’est la seule bonne façon de procéder.

R&F : Quel est le dernier disque que vous ayez acheté ?
Noel : The Strokes. Fantastique. Fantastique. Le meilleur groupe de rock and roll du monde à l’heure actuelle. Sans l’ombre d’un doute. Ils sonnent un peu Velvet Underground… Un truc amusant, les trois ou quatre meilleurs groupes que j’ai découverts dernièrement sont tous américains (il compte sur ses doigts) : les Strokes, les Whisky Biscuits (de Los Angeles) et un autre groupe californien fabuleux : les Black Rebels Motorcycle Club.

R&F : L’Amérique, justement, parlons-en…
Noel : ça marche bien pour nous là-bas. Nous venons de terminer cette tournée avec les Black Crowes -des mecs pointus, passionnés, excellents- c’était plein à craquer tous les soirs et on s’est éclatés. Vraiment… En vieillisant, je m’adapte à ce pays. Je ne pouvais pas blairer les Américains. Ils parlaient trop pour moi… Et cet accent… Et puis c’était loin de la maison, bref, tout pour me déplaire (rire, ébouriffement de tignasse). J’étais insulaire à donf, pétri de préjugés. Je pensais qu’ils n’entendais rien à Oasis, ne venaient que pour entendre “Wonderwall”… Bon, sans vouloir généraliser, reconnaissons qu’ils cherchent avant tout la distraction. Il y a un monde entre notre public anglais et celui que nous avons eu sur cette tournée.

R&F : Vous vous intéressez toujours autant à ce qui se fait de nouveau ?
Noel : Bien sûr. Je n’ai jamais cessé de m’y intéresser. Les plus proches de mes amis sont tous des fêlés de musique. Chaque fois, c’est notre principal sujet de conversation. On joue par-dessus nos morceaux favoris du moment… Je lis beaucoup la presse musicale, je vais en concert une ou deux fois par semaine et, comme j’ai mon propre label, je reçois beaucoup de musique. Elle n’a rien perdu de son importance et de son pouvoir sur moi. Je crois en elle. Elle me rend heureux. Et me définit comme être social : je suis, avant tout, un musicien.

R&F : Si nous parlions des groupes français ?
Noel : J’aime Daft Punk -pas autant toutefois que ma nana qui, elle, est à fond dedans. J’aime beaucoup Air, dont je n’ai pas écouté le dernier album mais que j’ai vu sur scène. J’adore “Moon Safari”.

R&F : Quid de votre obsession de faire d’Oasis le groupe n°1 ?
Nous sommes devenus le plus grand groupe du monde. Mon but est différent aujourd’hui : j’essaie d’être heureux, de veiller à ce que le groupe continue d’exister, fasse de la bonne musique, de bons concerts… U2 a montré qu’une carrière était faite de hauts et de bas. C’est un exemple pour moi.

R&F : Il y a deux ou trois ans, de tels propos dans votre bouche auraient semblé impensables.
Noel : C’est clair (rires). Mais il y a trois ans, j’étais un camé. Je ne pouvais pas m’empêcher de causer. Bla-bla-bla. La cocaïne fait dire beaucoup de conneries. C’est super de gagner plein de blé, de pouvoir se payer toutes les drogues qu’on veut, de voyager… Mais le problème, c’est qu’on finit par avoir tr
op de tout : trop d’argent, trop de fun, trop de drogues, trop de peuples aux concerts… Quand je pense à ces shows énormes, où les gens nous entendaient à peine, ne voyant le groupe que sur des écrans… Tout finit par perdre toute signification. Et c’est ton esprit qui paie l’addition. Personnellement, je n’étais pas équipé pour résister à une telle pression. Pour la supporter. Liam buvait de plus en plus, moi je me défonçais de plus en plus, on a atteint un point où l’on ne communiquait plus du tout jamais ensemble. Le groupe a traversé tout ça sans imploser. Mais les individus qui le composaient ont payé le prix fort.

R&F : Cela explique le départ de Bonehead, par exemple ?
Noel : Il faudrait demander à Liam : moi, je ne lui ai plus parlé depuis… Neil (entrée de Neil Young, brève discussion, émotion, départ de Neil Young) ! Enfin… l’important est de comprendre les erreurs commises et de ne pas les réitirer.

R&F : Oasis vend un peu moins. L’attitude de votre maison de disques a -t-elle changé ?
Noel : Franchement, je ne crois pas que quiconque -et notre label encore moins qu’un autre- s’attendait à ce qu’Oasis continue de vendre douze millions d’albums par an. C’est quasiment impossible. Mon attitude à moi n’a pas changé en tout cas (grand sourire). Je ne suis pas angoissé par les chiffres de vente de notre prochain album. Nous avons tout de même vendu plus de 2 millions de “Standing…”, plus presque un million d’exemplaires de notre live -comment s’appelle-t-il, déjà ? ah oui, “Familiar To Millions”- ce qui fait un total de trois millions d’albums vendus l’am passé. ça va. C’est cool.

R&F : La presse s’est souvent délectée des embrouilles entre Liam et vous. Pour vous, est-il encore l’individu à problèmes qu’il était ?
Noel : Non… Liam est quelqu’un de bien. Il faut comprendre qu’il était très jeune lorsque le succès est arrivé. Quand on a signé notre premier contrat, j’avais 24 ans, Liam 19. Et nous sommes devenus en Angleterre le groupe le plus important depuis les Beatles. Résultat : Liam alcoolo, moi accro à toutes sortes de substances… Mais nous avons grandi, ‘voyez ? Nous avons des enfants. Nous sommes devenus adultes. Nous nous heurtons moins.

R&F : Que vous inspire la paternité ?
Noel (réfléchit longuement) : C’est merveilleux de créer un autre être humain. Et construire une relation avec cet être est sans doute la chose la plus complexe qui soit. Je suis tout juste en train de découvrir de quoi il retourne… J’ai parfois peur de ne pas être un bon père… Là encore, ce n’est que la vie.

R&F : Votre album solo, c’est pour quand ?
Noel : C’était une blague, je voulais seulement emmerder Liam. Je ne pense pas faire d’album solo… en tout cas pas avant une dizaine d’années.

R&F : Tony Blair a été réélu début juin. Des commentaires ?
Noel : J’ai toujours été travailliste,et je suis ravi qu’il ait été réélu. Il est le plus à même de sortir l’Angleterre de la situation sociale désastreuse dans laquelle elle se trouve. Cela dit, il faut qu’il y ait des résultats. Ou bien la classe ouvrière se sentira trahie, et Blair devra dégager. Mais les conservateurs avaient régné pendant près de vingt ans, il ne peut pas tout changer en cinq ans. Je suis pour lui accorder une seconde chance.

Recueilli par Scott Beaumont.