Propulsé dans la cours des (très) Grands, grâce au succès de “Definitely Maybe”, son premier album, le monstre bicéphale, Gallagher (Noel auteur compositeuret Liam le chanteur), en charge d’Oasis (le groupe), nous offre son deuxième opus “(What’s The Story ?) Morning Glory”, d’une rare qualité harmonique. Une véritable bombe aux inspirateurs connus (Beatles, Stones) que ces jeunes Mancuniens irascibles s’apprêtent à poser sur vos platines.
Commentaires de Liam.

– A 18 ans, que rêvais tu pour toi ?
– J’étais au chômage, j’avais signé avec les Assedic, quoi ! Je passais beaucoup de temps à faire des conneries, écouter les Beatles, les stones. Mais je savais que je deviendrais une star, je savais que je valais mieux que ça. Je n’avais pas envie de bosser dans un bureau, alors j’ai rejoint un groupe.

– Ta première émotion musicale ?
– C’était en 89, quand j’ai écouté les Stones Roses en concert. Ouais ! Avant, j’avais entendu de la musique mais je l’avais juste “entendue”. Celle-là, elle m’a fait comme un flash. Quelques notes sont entrées en moi et ce n’était plus pareil.

– Tes parents étaient musiciens ?
– Non. Enfin mon père jouait de la guitare mais il ne m’a jamais vraiment appris quoi que soit. Tu sais, quand on était gamin, il avait un peu d’influence sur nous : il jouait de la guitare, alors on pensait qu’on devait jouer de la guitare, mais il ne m’a rien transmis. En fait j’avais mes bouqins à moi, et puis voilà.

– Pour votre premier album, “Definitely Maybe”, on vous comparait aux Rolling Stones mais sur “Morning Glory”, il y a plus de jolies mélodies sages, les guitares sont moins agressives et tu chantes de plus en plus comme John Lennon…
– Je crois que “Morning …”, c’est du pur Oasis. “Definitely…” avait des influences beaucoup plus hard. En fait, rien n’est prévu à l’avance. Nous n’avons pas choisi d’écrire une chanson avec une influence de John Lennon ou quoi que ce soit. Je pense que “Morning …” est plus Oasis que “Definitely…” ou alors c’est peut-être “Definitely” qui est plus comme tous les groupes auxquels on voulait ressembler. Moi, j’adore John Lennon, il est une référence pour moi. J’aime beaucoup sa gamme vocale et pour moi, c’est facile de chanter comme lui.

– On dit qu’un 2ème album est toujours plus difficile à réaliser quand le 1er à été un succès…
– Pas quand on connait Oasis, non. Je crois que c’est plus facile de faire un deuxième album parce qu’on a beaucoup plus de fric pour le faire, plus de moyens studio, que tu as plus l’habitude d’être un chanteur ou d’être un batteur ou un guitariste. Aujourd’hui, donne moi une chanson et je la chanterai, donne moi une musique et je la jouerai. Tu sais, cet album, c’est une sorte de …(cherchant ses mots) d’exutoire, de défouloir qui nous a permis d’aller plus loin.

– Une progression ?
– (Moqueur) Ouais, c’est ça ! C’est le mot, Progressiv, ça commence avec un P et ça finit avec un V…

– Ce n’est pas difficile de travailler chaque jour avec son frère ?
– Pas pour nous les Irlandais. Si tu peux travailler avec n’importe quel gus, tu peux travailler avec ton frère. C’est même pls facile. Il y a des jours où mon frère est une vraie pute, il y a des jours où c’est moi qui en suis une. De toute manière le monde est plein de connards, tout lemonde t’emmerde cinq jours par semaine. Bon, il faut continuer, tenir jusqu’à la fin de la journée. C’est un groupe et c’est tout, voilà ce que ça veut dire et c’est ce qui est bien. En plus, ce n’est pas aussi grave que si mon frère était un “connard en costard”.

– Beaucoup d’histoires, de coeur dans vos chansons et peu de textes poliques ou sociaux. Ne crois-tu pas qu’un groupe leader pourrait faire un peu mieux ?
– Qu’on pourrait être plus engagé ? Nous, on a le coeur sur la main, on est sincère, mais moi, je m’en fous de la polique, ça m’est égal que la France ait tout faux, que l’Angleterre aille mal, ou que la Jamaïque se plante. J’en ai vraiment rien à foutre de la politique. Moi, je suis un musicien, je chante des chansons et j’en ai rien à cirer que tous ces pays soient bien gouvernés ou non… je vais te dire, j’adore Oasis, j’adore jouer de la musique pour les gens parce qu’ils en ont besoin et parce qu’on en a tous besoin. C’est tout.

– Comment te vois-tu as 60 ans ?
– Moi, je serais mort à 60 ans. Je ne peux pas me battre contre la mort. ce n’est rien, c’est juste l’étape d’après. OK ? Je ne veux pas être assis quand j’aurai 60 ans dans une grande baraque avec plein de fric, à boire de la bière et à ne pas pouvoir la faire descendre. Je veux juste continuer mon chemin, à fond la caisse, et puis comme ça, juste “Boum”, mourir. Ca nous arrivera à tous un jour. C’est pour ça : “Morning Glory”, c’est “Mourning Glory” (pleurer quelqu’un = to mourn someone. NDLR). Quand tu es en deuil d’un proche, c’est glorifié, c’est la mort qui un coup donne de la valeur : c’est “mourning glory”.

– Ton frère a participé à un album collectif pour les enfants bosniaques…
– Ouais mais moi aussi. On y a tous participé. Moi, je chante dans les choeurs et ce sont les meilleurs choeurs que je n’ai jamais fait. J’auri peut-être du chanter en solo et avoir mon nom. Mais bon dans ce genre de truc, les ego pètent les plombs et je n’avais pas envie de me prendre la tête.

– Que penses-tu de la Techno, du trip-hop ?
– Ce n’est que de la merde ! Si ces groupes peuvent s’asseoir une demi-heure et me décrire leur musique alors je leur accorderais un peu de considération. Je ne pense pas que ce soit aussi important que le rock’n’roll.

– As tu peur de la chute après le succès comme les Stones Roses ?
– Les Stones Roses n’ont pas eu le succès que nous avons. C’était un grand groupe culte mais ils n’ont jamais vendu 20000 albums dans une journée, il ne sont jamais devenus n°1 et ils n’ont jamais eu autant de fans que nous en avons. J’adore les Stones Roses, pour moi ils sont énormes, mais on ne peut pas comparer leur succès au nôtre.

– Qu’est ce qui te fais avancer ?
– La confiance en soi. Quand tu te regardes, au moment où ça explose, tu te trouves génial. Mais je suis pas du genre à devenir une autre espèce de connard, à me laisser manoeuvrer pas les charts people. Il faut toujours faire attention de ne pas perde le contrôle…

– Un bruit circulait à propos d’une concurrence entre Blur et vous pour composer l’hymne anglais lors de la prochaine coupe d’europe de foot ?
Nous ne sommes en concurrence avec personne. Nous, on est irlandais et on ne ferait jamais une chanson pour l’Angleterre. Pas avec Blur en tout cas. Et nous n’écrivons pas de chanson pour la coupe d’Europe… Je suis en concurrence avec John Lennon pas avec Blur. C’est une maison de disques qui a monté ça, une putain de merde sur ma putain de chaussure ! J’en ai rien à chier et je n’ai rien à faire avec Blur.

– Un commentaire sur les essais nucléaires ?
On a monté un groupe pour faire de la musique pas pour suver le monde. N’importe quel musicien – même s’il le voulait – ne pourrait pas parce que tu ne peux pas sauver le monde. Nous sommes ici pour jouer de la musique. Personne nde sauve le monde. Il n’y a que les politicards pour croire ça.